Ils
ne sont plus que deux cent cinquante âmes à vivre
dans la toundra du Taïmyr (Sibérie) toute l'année,
regroupés par "brigades familiales" de vingt
à trente personnes.
La population totale des Dolganes, comprenant
les citadins, dépasse à peine les six mille personnes.
Ils font partie des vingt-six ethnies désignées
depuis 1925 par le terme de "petits peuples du Nord",
vivant dans les régions les plus septentrionales de l'ex-URSS.
La péninsule de Taïmyr, située à plus
de 70° de latitude nord, où se répartissent
les Dolganes, est un territoire plus grand que la France, sur
la route du pôle Nord.
Selon les périodes de l'année, éleveurs
de rennes, chasseurs de rennes sauvages, pêcheurs de salmonidés
sous la glace, renards, loups, hermines, lapins, oiseaux migrateurs,
oies et canards, vivent en harmonie avec la nature sans perdre
une occasion de prendre ce qu'elle leur concède.
Deux mois d'été, dix mois
d'hiver
Le balok (petite maison placée sur un traîneau
tiré par des rennes, que l'on déplace au gré
des migrations) va vers de nouveaux pâturages, là
où le renne trouvera du lichen.
Pour laisser à la nature le temps de se reconstituer,
la famille change de campement tous les dix jours. Parfois,
une aurore boréale, comme un encouragement, éclaire
le ciel.
Vivre par -60°c nécessite des gestes vitaux quotidiens.
La maîtresse du foyer, fait fondre de la glace pour avoir
de l'eau et cuisine, à toute heure de la journée,
des soupes de renne bien grasses qui fournissent un maximum
de calories. L'homme ne manque pas d'en ingurgiter un bol à
chaque fois qu'il doit aller chercher du bois ou surveiller
les troupeaux.
Dans le balok -de la grand-mère au nouveau-né-
la famille entière vit dans une promiscuité totale.
Il y fait presque trop chaud, le jour, car le foyer reste allumé
sans répit, mais la nuit, la température redescend
rapidement.
De la naissance à leur mort, les Dolganes vivent avec
leurs animaux, c'est la civilisation du renne. |